Alors que les Imaginales commencent à Epinal ce week-end, je finis la lecture du roman Les Vaniteuses de Céline Maltère.

Publié aux éditions La Clef d'Argent, ce second volet du Cycle de Goth prolonge le plaisir de la lecture des Corps glorieux ( publiés chez le même éditeur).

Le second volume se concentre sur la reine Katarina, "reine du royaume d'Evinçon" dite Katarina Toque, gastronome et passionnée de cuisine.

Il évoque aussi par son angoisse de vieillir, la figure d'Erzebet Bathory, "la comtesse sanglante".

Héroïne d'un combat mené contre le Temps et ses Heures, reine d'un monde inversé, Katarina nous démontre surtout tout au long du roman que des qualités comme la volonté, le courage, la force ne sont pas l'apanage du sexe masculin.

Et que les princesses peuvent être des guerrières amoureuses d'autres princesses...

En plaçant son récit dans un Moyen-Age rêvé, nourri de références mythologiques et d'allusions à la saga nordique,Céline Maltère déconstruit de multiples stéréotypes liés au genre, mais aussi à notre représentation du monde.

Dans son univers, les femmes souhaitent s'affranchir des limites de la nature et du temps, les animaux ont des liens intimes avec les êtres humains :

"là vivaient en harmonie tous les êtres animés, qu'ils fussent de race humaine ou animale, vassaux de cette femme toujours vêtue de blanc, persuadée qu'elle ne mourrait pas".

 

Ainsi la romancière réinvente-t-elle sous nos yeux une Diane de Poitiers médiévale, chasseresse, n'obéissant qu'à ses lois et préceptes tout en déployant une prose somptueuse, à l'instar de la "tenture" offerte par le peuple-loup, "cousue de fils précieux, d'or et de métaux inconnus".

Hors genre, ce récit questionne donc l'analyse des rapports entre les femmes et les hommes, la notion de subordination et d'insubordination, l'ensemble des valeurs véhiculées par une société, dans un espace et un temps donné.

Ce sont ces faux rapports entre hommes et femmes, êtres humains et animaux qui sont vains.

"Vaniteuses" s'avèrent les âmes incapables d'"allégories".

 

 

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