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APATRIDE *DE SHUMONA SINHA

(Editions Le Seuil, Paris, 187 pages)

Le symbole est universel et nous permet d'entrer en nous-mêmes pour réfléchir et communiquer sur l'essentiel : nos émotions et le sens de la vie." L'équation du feu et de la vie forme la base du système de Paracelse", comme nous le rappelle Gaston Bachelard, dans son ouvrage-clef: La Psychanyse du feu.

Le nouveau roman de l'écrivaine Shumona Sinha illustre parfaitement ce principe alchimique.

Ce n'est pas un hasard si l'incipit et l'excipit du roman de Shumona Sinha, romancière indienne francophone convoquent le feu, "le souffle des flammes" , l'associant au corps féminin.

Au début du livre, il s'agit du feu destructeur et vengeur. Mais il désigne aussi sous forme de la cigarette, un symbole du parisianisme et d'un manque d'ouverture à l'autre :

"Les racailles blanches, ces petites choses frêles et pâles, les filles et les garçons, ensemble ils fumaient gracieusement leurs cigarettes sur le trottoir(...)et lorsque leur regard se heurtait à l'unique passante à la peau sombre, ahuris, ils essayaient de résoudre le puzzle d'une telle aberration".

Plus tard, à la fin, Shumona Sinha revient à l'image primitive du feu purificateur quand son double Esha se met à "allum(er) partout des bougies parfumées" dans son appartement. Matriciel, le symbole du feu donne peut-être le sens métaphorique, allégorique et métaphysique de ce récit de la solitude dans les grandes villes. Un symbole d'espoir malgré les déceptions et la sensation de vide existentiel qu'elle décrit avec justesse et poésie. 

Shumona est une femme de feu qui cherche la lumière.

Son livre m'a touchée et saisie par son éloquente chimie ignée.

A lire absolument.

Source: Flickr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Quatrième roman de l'auteure née à Calcutta en 1973 et qui vit à Paris depuis 2001.

 

 

 

 

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