Ecrivain fidèle à son éditeur, Philippe Gindre ( les Editions La Clef d'Argent), Patrice Dupuis nous livre un cinquième recueil très engagé à la cause féministe: Le Sang des femmes.

Dans notre actualité marquée par le retour des intégrismes et de l'obscurantisme, il nous rappelle que le corps féminin a été aussi meurtri en Occident et que les "lois patriarcales ont mis le corps des femmes sous tutelle".

Si les nouvelles de Patrice Dupuis sont marquées par un imaginaire médiéval et claustral, elles nous parlent surtout de notre présent et de notre avenir. De façon subtile, elles interrogent nos systèmes de représentation et une logique aristotélicienne obsolète:

"Dans la pensée médiévale, le destin de chacun est écrit dans la circulation des corps célestes, lesquels sont créés par Dieu. ( ...)

Finalement, l'homme moderne ne pense pas de façon différente. (...) L'humanité sera toujours croyante avant d'être pensante". 

Dans ce contexte, le sang des femmes choque, fait peur, renvoie à une obsession de la pureté, et peut-être à un refus de la chair.

 Prenant la posture de Tirésias, Patrice Dupuis interroge également notre rapport au corps et notre lien à l'autre.

Je renvoie les lecteurs à l'épilogue en forme de fable qui fait allusion à saint Augustin.

( "Nous naissons dans la merde et le sang")

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