varo01

2014 – 2015

Vieillesse et vieillissements … Anticipation ou science-fiction ?



Le Centre de Diffusion de la Culture Sanitaire vous invite ce 17 novembre à la seconde séance 2014-2015 du cycle de séminaires intitulé : « Penser les vieillesses ».

Sylvie Allouche, philosophe au Laboratoire de Biologie Générale de l’Université Catholique de Lyon/EPHE, y proposera une communication intitulée : Que signifiera vieillir dans le futur ?

Ce qu’elle nous en dit … « Conformément à la méthodologie développée dans ma thèse Philosopher sur les possibles avec la science-fiction : l’exemple de l’homme technologiquement modifié (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2012), je me propose de partir de la science-fiction pour essayer d’imaginer ce que signifiera vieillir dans le futur. Le genre offre en effet une multitude de scénarios alternatifs qui sont autant d’occasions de donner à réfléchir aux enjeux engagés, tout en rendant sensible la multiplicité des possibles ouverts.

La vieillesse du futur dépendra d’abord des technologies à disposition : on peut ainsi se demander si l’espérance de vie continuera de progresser comme elle le fait depuis plus de deux siècles ou si elle finira par stagner ; si elle se traduira par une vie « dépendante » plus longue, voire une extension indéfinie des agonies, ou si elle sera accompagnée d’élixirs de jeunesse qui assureront aux centenaires et au-delà un âge physiologique plusieurs fois inférieur à leur âge chronologique. Comment se négociera alors sur les plans intime et relationnel un tel décalage ? Aimera-t-on pareil par exemple ? Ou mieux ? Ou notre faculté d’aimer s’érodera-t-elle avec le temps ? Aurons-nous encore de la curiosité pour le monde ou besoin, comme Abélard Lindsay dans La Schismatrice (Bruce Sterling, 1985), d’une drogue visant à maintenir l’intérêt pour celui-ci ? Parviendrons-nous à garder le souvenir du fil entier de notre vie passée, grâce peut-être à des prothèses mémorielles, ou deviendrons-nous toujours davantage des êtres postmodernes aux identités fragmentaires et fuyantes ? Qu’en sera-t-il de l’attribution de responsabilité ?

Nous arrivons par cette question à un troisième champ de problèmes qui concerne cette fois des conséquences sociales et politiques déjà visibles : les technologies envisagées seront-elles à disposition de tous ou bien seulement d’une partie de l’humanité ? Faudra-t-il réformer les règles de propriété et d’héritage ou accepter que les richesses du monde s’accumulent dans les mains de quelques vieux qui les passeront à d’autres à peine moins vieux, etc. ? Devra-t-on se résoudre à réguler la population mondiale, et de quelle manière ? Se dirige-t-on vers une société sans enfants, ou y a-t-il d’autres solutions ?

L’examen de ces questions via la science-fiction devrait permettre non seulement de réfléchir à ce que signifie vieillir dans le futur, mais vieillir tout court. »

 
Pieter Bonte, philosophe au Bioethics Institute Ghent (UGent), ouvrira la discussion.

A suivre le lundi 17 novembre de 12 à 14 heures à l'Institut de Sociologie de l’ULB – avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles – salle Henri Janne (15e) – entrée libre.

Bienvenue,

L’équipe du CDCS