Divisée en sept sections, L'Encyclopédie du fantastique de Jacques Baudou,publiée aux éditions Fetjaine, rappelle de façon classique, les origines du fantastique: la peur de l'Inconnu. Une peur d'abord nommée le Diable. Puis le Vampire. Le loup-garou. Le revenant...

Puis ses mutations et ses dérivés: films et pulps d'horreur anglosaxons. L'ouvrage est abondamment illustré et amusera l'amateur.L'iconographie est riche.

Mais peut-on parler d'"encyclopédie"? Car l'essai est partiel et partial. En particulier la section intitulée, "D'autres fantastiques". Le domaine français est expédié. Le rôle d'Alain Dorémieux pour la pérennité de la revue Fiction est passé à la trappe. Quant à la dernière section, "Nouvelles mutations" passe sous silence un maître français de l'imaginaire, Serge Brussolo, évoque peu ou prou les éditeurs indépendants comme Nestiveqnen (où mon amie Manou Chintesco a publié, la même année que Soie Sauvage, un excellent roman vamirique, Les compagnons d'Hela), Mnémos, du Riez...

Seuls quelques auteurs français surnagent, accompagnés de figures sorties de romans pour ados boutonneux, et de prépubères qui frémissent pour une love story impossible entre une humaine et un jeune vampire sexy... Était-ce la peine de faire la part belle aux feuilletons américains et aux best-sellers si peu carnassiers de ces dernières décennies?

J'avais espéré qu'un anthologiste et un écrivain comme Jacques Baudou, eût défendu le "made in France". Et dessiné une cartographie de l'underground. Rien de diabolique, l'esprit frappeur du commerce a encore frappé! L'auteur édulcore. Encyclopédie? Album illustré pour les adulescents.